Une conseillère EasyEnd présente un dossier ouvert contenant une feuille « Document requis », devant une composition à l’aquarelle, et le bandeau « Pension de réversion »

Pension de réversion : qui y a droit et comment la demander

Quand une personne à la retraite décède, une partie de sa retraite peut continuer à être versée à celui ou celle qui a partagé sa vie. C'est la pension de réversion. Elle n'est jamais versée toute seule : il faut la demander, et un an de retard coûte plusieurs mois de pension. Voici qui y a droit, combien, et comment faire, en une seule demande.

Personne ne vous préviendra

C'est le point de départ, et il surprend presque tout le monde.

Signaler le décès à la caisse de retraite arrête le versement de la pension du défunt. Cela n'ouvre pas la réversion. Ce sont deux démarches distinctes, et la seconde est à votre initiative : aucune caisse ne vous écrira pour vous dire que vous y avez droit.

Faites la demande dans l'année qui suit le décès. Déposée dans ce délai, la pension peut démarrer dès le 1er jour du mois qui suit le décès. Au-delà d'un an, elle ne peut plus démarrer avant la date de votre demande, et les mois écoulés sont perdus (service-public.gouv.fr).

Qui y a droit

Une seule condition compte vraiment : avoir été marié.

  • Le conjoint survivant, c'est-à-dire la personne mariée avec le défunt au jour du décès. Le régime général n'exige aucune durée minimale de mariage.
  • L'ex-conjoint divorcé, même si le divorce est très ancien. Il ne perd pas son droit en se remariant, du moins pas au régime de base (voir plus bas).
  • Les enfants, dans certains régimes seulement, et sous conditions d'âge ou de handicap. Ce n'est pas le cas au régime général.

Ni le PACS ni le concubinage n'ouvrent de droit à la réversion, dans aucun régime, quelle que soit la durée de la vie commune (info-retraite.fr). C'est dur à entendre, et c'est la règle. Des propositions de loi visent à étendre la réversion au PACS ; aucune n'est votée à ce jour. Un partenaire de PACS peut en revanche recevoir une assurance-vie ou un capital décès de prévoyance si le défunt l'avait désigné.

À partir de quel âge

55 ans dans le privé, sans condition d'âge dans la fonction publique.

Dans le régime général et dans la plupart des complémentaires, l'âge minimum est de 55 ans. Il est abaissé à 51 ans si le décès est survenu avant le 1er janvier 2009.

La fonction publique ne pose aucune condition d'âge, mais elle exige une durée minimale de mariage : quatre ans, ramenés à deux ans si le mariage est antérieur à la fin d'activité du défunt, et aucune durée si un enfant est né du mariage.

Avant 55 ans, il n'y a pas de réversion de base, mais un conjoint marié peut demander l'allocation veuvage, versée temporairement et sous conditions de ressources, le temps d'atteindre l'âge de la réversion. Elle se demande à la CARSAT, et elle est détaillée dans notre guide des aides après un décès.

Combien vous pouvez recevoir

Un pourcentage de ce que touchait le défunt, pas de son dernier salaire.

Régime du défuntPart reversée
Retraite de base (Sécurité sociale, salariés du privé)54 %
Retraite complémentaire Agirc-Arrco60 %
Fonction publique (État, hôpitaux, collectivités)50 %
Travailleurs indépendants54 %

Ces pensions se cumulent. Un ancien salarié du privé laisse deux droits distincts : la base et la complémentaire. Concrètement, sur une retraite de 1 200 € de base et 400 € de complémentaire, la réversion représente 648 € plus 240 €, soit 888 € par mois avant application de la condition de ressources.

Le régime général garantit par ailleurs un minimum de 334,92 € par mois, à condition que le défunt ait cotisé au moins 60 trimestres, soit quinze ans. En dessous, ce minimum est réduit en proportion.

La condition de ressources ne s'applique pas partout

C'est ce qui fait croire à tort qu'on n'a droit à rien.

Seule la retraite de base est soumise à un plafond de ressources : 25 001,60 € par an si vous vivez seul, 40 002,56 € si vous vivez en couple. Ces montants sont revalorisés chaque 1er janvier ; le détail du calcul est dans notre article plafonds et minimum de la réversion.

La complémentaire Agirc-Arrco, elle, n'a aucune condition de ressources. Beaucoup de personnes renoncent à faire la demande en se disant « je gagne trop » : elles perdent alors une pension à laquelle elles avaient droit sans aucune condition de revenus. Faites la demande dans tous les cas, elle vaut pour les deux régimes à la fois.

Le plafond n'est pas non plus un couperet définitif : il s'apprécie sur vos ressources du moment. Une pension suspendue parce que vous travailliez encore peut être rétablie plus tard, sur demande, quand vos revenus baissent.

Est-elle versée à vie ?

Oui, mais son montant peut bouger.

La pension de réversion n'a pas de durée limitée : elle est versée jusqu'à votre propre décès. Deux choses peuvent cependant en faire varier le montant.

  • Vos ressources, pour la part du régime de base. Une reprise d'activité, un héritage ou la retraite de votre nouveau conjoint peuvent la réduire ou la suspendre, et une baisse de revenus peut la rétablir.
  • Un remariage, dont les effets diffèrent selon les régimes. C'est l'objet de la section suivante.

Divorce et remariage : ce qui change selon le régime

Le point le plus mal compris, et celui qui coûte le plus cher.

Un divorce ne fait pas perdre le droit. La pension est partagée entre le conjoint au jour du décès et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée de chaque mariage, comptée de date à date. Sept ans de mariage puis un remariage du défunt pendant vingt-trois ans donnent 7/30 à l'ex-épouse et 23/30 à la veuve.

Un remariage de votre côté, en revanche, ne produit pas les mêmes effets partout :

RégimeSi vous vous remariez
Retraite de base (régime général)Le droit est conservé. Seuls les revenus du nouveau foyer entrent dans le calcul du plafond, ce qui peut réduire ou suspendre le versement.
Complémentaire Agirc-ArrcoLe droit est perdu définitivement. Un divorce ultérieur ou le décès du nouveau conjoint ne le rétablit pas.
Fonction publiqueLe droit est suspendu, y compris en cas de PACS ou de vie commune. Il peut être rétabli sur demande si la nouvelle union prend fin.

Autrement dit : se remarier ne coûte rien du côté de la retraite de base, mais peut coûter la totalité de la complémentaire. C'est une information à connaître avant de décider, pas après.

Comment la demander, en une seule fois

Une demande unique vaut pour tous les régimes du défunt.

Vous n'avez pas à écrire à chaque caisse. Le service « Demander ma réversion » d'info-retraite.fr transmet une demande unique à tous les régimes auxquels le défunt a cotisé, de base comme complémentaires, y compris ceux dont vous ignorez l'existence. C'est le point d'entrée à utiliser.

Préparez avant de commencer :

  • l'acte de décès (une copie officielle de la mairie, pas une photocopie) ;
  • votre livret de famille ou votre acte de mariage, et le jugement de divorce si vous étiez divorcé ;
  • vos avis d'imposition des trois dernières années, dont dépend le montant ;
  • un relevé d'identité bancaire à votre nom.

Si vous ne savez pas à quelles caisses le défunt était affilié, info-retraite.fr reconstitue la liste à partir de son nom et de son numéro de sécurité sociale. Comptez ensuite plusieurs mois de traitement : c'est long, et c'est une raison de plus de déposer le dossier tôt.

Depuis mars 2026, l'Assurance retraite peut vous adresser spontanément un formulaire de réversion pré-rempli. Ce n'est pas une pension accordée : le formulaire doit être complété et renvoyé, sans quoi rien n'est versé.

Une majoration que presque personne ne demande

Après l'âge de la retraite à taux plein, la réversion de base peut être augmentée.

Le régime général prévoit une majoration de 11,1 % de la pension de réversion, à partir de l'âge du taux plein et à condition d'avoir liquidé l'ensemble de ses propres retraites, sous un plafond de ressources propre à cette majoration (info-retraite.fr). Elle n'est pas toujours appliquée d'office : si vous êtes dans ce cas, signalez-le à votre caisse.

Et la réforme dont tout le monde parle ?

Au 21 août 2026, rien n'est voté.

Plusieurs pistes circulent : un taux unique qui remplacerait les 54 %, 60 % et 50 % actuels, une harmonisation des conditions de ressources, une extension au PACS. Ce sont des rapports et des propositions, débattus au Parlement. Aucun texte n'a été adopté, et les règles décrites sur cette page sont celles qui s'appliquent aujourd'hui.

Conséquence pratique : ne différez pas votre demande en attendant une réforme. Les droits s'apprécient à la date du décès, et attendre ne fait perdre que des mois de pension.

Questions fréquentes

Qui a droit à la pension de réversion ?

Uniquement les personnes qui ont été mariées avec le défunt, veuves ou divorcées. Le PACS et le concubinage n'ouvrent aucun droit, même après de longues années de vie commune. Un ex-conjoint garde son droit, quelle que soit l'ancienneté du divorce.

À partir de quel âge peut-on toucher une pension de réversion ?

55 ans dans le régime général et dans la plupart des régimes complémentaires. Avant cet âge, il n'y a pas de réversion de base, mais un conjoint marié peut demander l'allocation veuvage, versée temporairement. La fonction publique, elle, ne pose aucune condition d'âge mais exige quatre ans de mariage, ramenés à deux ans si le mariage est antérieur à la fin d'activité, et aucune durée si un enfant est né du mariage.

La pension de réversion est-elle versée à vie ?

Oui, elle n'a pas de durée limitée. Mais elle n'est pas figée pour autant : la part du régime de base dépend de vos ressources, donc elle peut être réduite, suspendue puis rétablie si vos revenus changent. Un remariage, lui, ne produit pas les mêmes effets selon les régimes.

Combien touche-t-on ?

54 % de la retraite de base du défunt, et 60 % de sa retraite complémentaire Agirc-Arrco s'il était salarié du privé. Les deux se cumulent. Pour un fonctionnaire, le taux est de 50 % de sa pension. Le montant se calcule sur ce que le défunt percevait ou aurait perçu, pas sur son dernier salaire.

Le PACS donne-t-il droit à la réversion ?

Non. Ni le PACS ni le concubinage n'ouvrent de droit à la réversion, dans aucun régime. Des propositions de loi visent à l'étendre au PACS, aucune n'est votée à ce jour. Un partenaire de PACS peut en revanche être bénéficiaire d'une assurance-vie ou d'un capital décès de prévoyance.

Un divorce fait-il perdre la pension de réversion ?

Non. Un ex-conjoint conserve son droit, même après un divorce très ancien, et le régime général n'exige aucune durée minimale de mariage. La pension est partagée entre le conjoint au jour du décès et le ou les ex-conjoints, au prorata de la durée de chaque mariage.

Que se passe-t-il si je me remarie ?

Cela dépend du régime, et c'est le point le plus mal compris. Au régime général, le droit est conservé, mais les revenus du nouveau foyer entrent dans le calcul du plafond. À l'Agirc-Arrco, le droit est perdu définitivement. Dans la fonction publique, il est suspendu, et peut être rétabli si la nouvelle union prend fin.

Dans quel délai faut-il demander la réversion ?

Dans l'année qui suit le décès. Si la demande est déposée dans ce délai, la pension peut démarrer dès le 1er jour du mois suivant le décès. Passé un an, elle ne peut plus démarrer avant la date de votre demande : les mois écoulés sont définitivement perdus.

Pour aller plus loin