
Empathy lève 72 M$ : la DeathTech française reste sous-densifiée
Empathy, la startup new-yorkaise spécialisée dans l'accompagnement des familles endeuillées, a annoncé le 30 mai 2025 une Série C de 72 millions de dollars menée par Adams Street Partners. Cumul total des levées : 162 M$. Partenariat conclu avec BMO Insurance pour les bénéficiaires d'assurance-vie. Cette tribune fait le point sur l'écosystème DeathTech mondial et la trajectoire, encore embryonnaire, de la filière française.
Empathy : qui est cet acteur ?
Fondée en 2020 à New York par Ron Gura et Yonatan Bergman, Empathy édite une plateforme qui accompagne les familles dans les démarches administratives, financières et émotionnelles suivant un décès. La logique : un assistant numérique qui guide pas à pas, complété par un service téléphonique humain.
L'entreprise se distingue par une approche B2B2C : elle ne se vend pas directement aux particuliers, mais aux assureurs, aux employeurs et désormais aux banques, qui l'incluent dans leurs offres assurance-vie ou prévoyance.
La Série C de 72 M$ et le total cumulé
Selon BMO (newsroom.bmo.com, communiqué du 7 janvier 2026), Empathy a levé "$162 million in funding from top-tier venture firms including Index Ventures, General Catalyst, Adams Street Partners."
Détail des tours connus :
| Tour | Montant | Date | Lead |
|---|---|---|---|
| Seed | 13 M$ | 2021 | Index Ventures |
| Série A | 30 M$ | 2022 | General Catalyst |
| Série B | 47 M$ | 2024 | (groupé) |
| Série C | 72 M$ | mai 2025 | Adams Street Partners |
| Total | ≈ 162 M$ |
Source de l'annonce Série C : hospicenews.com, 30 mai 2025.
L'Empathy Alliance
Empathy fédère un consortium d'acteurs autour de l'Empathy Alliance, qui rassemble Aflac, Allianz, Citi, Munich Re, New York Life parmi d'autres. Logique : standardiser les services post-mortem aux États-Unis, fournir aux bénéficiaires un parcours unifié quel que soit l'assureur.
L'annonce du 7 janvier 2026 ajoute BMO Insurance (Bank of Montreal, Canada) à cette alliance, étendant la couverture à l'Amérique du Nord anglophone.
Pourquoi le marché US/CA accélère
Trois facteurs :
1. Les assureurs cherchent à fidéliser les bénéficiaires
Quand un assureur verse un capital décès, l'argent quitte généralement la compagnie. Empathy permet de maintenir la relation avec les bénéficiaires, en les accompagnant dans tous les volets administratifs autour du décès.
2. La pression réglementaire sur la qualité de service
Plusieurs États américains (New York, Californie) ont durci les obligations d'accompagnement post-décès des assureurs. Empathy répond à un besoin contractuel.
3. La taille du marché
3 millions de décès par an aux États-Unis (CDC), un patrimoine moyen transmis de 256 000 $ (Federal Reserve). L'opportunité économique justifie les investissements massifs.
Et en France ?
L'écosystème DeathTech français reste sous-densifié par rapport aux États-Unis. Quelques acteurs notables :
- Testamento (groupe Generali depuis 2020), testaments en ligne et accompagnement successoral
- EasyEnd, wizards anticipation et préparation
- Inmemori, obsèques en ligne
- MaSépulture / Mon-Notaire, recherches et démarches notariales en ligne
- Plusieurs startups en early stage sur les volets numérique post-mortem
Notes : nous ne donnons pas de chiffre précis sur le ratio FR/US faute de source publique fiable et nommée. Une recherche manuelle pourrait préciser ce périmètre.
Le Lab DeathTech porté par certains acteurs académiques et associatifs essaie de structurer la filière, sans visibilité grand public à ce jour.
Le rôle des assureurs français
Le modèle B2B2C d'Empathy pourrait inspirer les assureurs français :
- Macif : positionnée sur la prévoyance, partenaire associatif
- Generali (via Testamento) : seul grand assureur français à avoir intégré une DeathTech à son offre
- UNMI, AG2R La Mondiale, AXA, CNP : encore timides sur ce volet
Le marché français de la prévoyance (≈ 17 Md€ de cotisations annuelles, source FFA) reste largement servi par des canaux traditionnels (notaires, conseillers, agents).
Vers un Empathy à la française ?
Plusieurs questions ouvertes :
- Cadre légal, la France a un environnement plus régulé : article 85 LIL, RGPD strict, reconnaissance du notaire comme acteur central
- Échelle de marché, 643 000 décès par an en France (INSEE), avec un patrimoine transmis moyen plus faible
- Confiance, la culture française reste méfiante envers les services numériques pour les sujets de fin de vie. Le notaire et la mairie demeurent les références
- Rôle des partenaires institutionnels, assureurs et banques pourraient porter l'usage, mais les modèles économiques restent à inventer
Source détaillée
- hospicenews.com, Série C Empathy 30/05/2025
- newsroom.bmo.com, communiqué 07/01/2026
- presse.generali.fr, partenariats DeathTech
Pour aller plus loin
EasyEnd suivra l'évolution de l'écosystème DeathTech français et internationale dans cette rubrique. Sans démarchage commercial, ni angle promotionnel.
À lire aussi
Checklist des démarches après décès
À lire aussi
Assurance-vie au décès : fiscalité 2026
Partager cet article

Article rédigé par
Équipe EasyEnd
EasyEnd est une plateforme dédiée à l'accompagnement simple d'avant et après décès. Nos contenus sont rédigés avec rigueur et simplicité, en s'appuyant sur les textes de loi en vigueur et l'expertise de professionnels du secteur.
À lire ensuite
Des articles complémentaires sur le même sujet.

Aide à mourir : où en est la loi en 2026 ?
Loi sur les soins palliatifs promulguée le 26 mai 2026. Aide à mourir : après l'échec de la commission mixte paritaire, vote solennel le 30 juin, adoption définitive attendue mi-juillet à l'Assemblée.

Assurance-vie au décès : fiscalité 2026 et abattement de 152 500 €
L'assurance-vie reste l'outil de transmission le plus avantageux. Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements avant 70 ans, gel des…