Mains de proches qui se tiennent, illustration accompagnement avant le décès d'un proche
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Avant le décès d'un proche : ce qu'on aurait pu préparer ensemble

Par Équipe EasyEnd

Personne ne veut avoir cette conversation. On reporte, on attend le bon moment, qui ne vient jamais. Et puis le décès arrive, et la famille se retrouve à chercher des documents, à prendre des décisions urgentes sans savoir ce que le défunt aurait voulu.

51 %
des Français de plus de 40 ans souhaitent anticiper leur fin de vie

Source : CREDOC 2023

Une heure de conversation, quelques documents rassemblés : c'est souvent tout ce qu'il faut pour changer radicalement ce que vivra votre famille le moment venu.


Pourquoi on reporte toujours cette conversation

C'est humain. Parler de sa propre mort, ou de celle d'un parent, touche à quelque chose de profondément inconfortable. On a peur de paraître morbide. On ne veut pas inquiéter. On pense qu'il est trop tôt.

Mais cette conversation n'est pas une conversation sur la mort. C'est une conversation sur ce qui compte. Sur ce qu'on veut. Sur comment on souhaite être accompagné. Et sur ce qu'on peut faire, maintenant, pour alléger le poids que portera sa famille.


Les souhaits funéraires : inhumation, crémation, dispersion

La première chose à clarifier, c'est ce que la personne souhaite pour ses obsèques. Ce n'est pas une question tabou, c'est une question de respect.

Inhumation ou crémation ?

En France, les deux sont possibles. La crémation représente aujourd'hui environ 40 % des obsèques (Fédération Française de Crémation, 2024), contre 20 % il y a vingt ans. Le coût diffère : une crémation est généralement moins chère qu'une inhumation en concession familiale, mais les deux varient beaucoup selon les prestataires et les communes.

Et après la crémation ?

Si la personne choisit la crémation, il faut aussi connaître ses souhaits concernant les cendres : conservation dans une urne, dispersion en nature (avec des règles précises), dépôt dans un columbarium. Ces décisions ne peuvent pas être prises à la légère après coup, et elles ne vous appartiennent pas si le défunt n'a rien précisé.

La sépulture et la concession

Si la famille possède déjà une concession funéraire, est-ce que la personne souhaite y être inhumée ? Y a-t-il encore de la place ? Ces questions pratiques évitent des décisions précipitées sous pression.


Les documents à connaître : et où ils sont

C'est la partie la plus concrète, et souvent la plus négligée. Quand un proche décède, les familles passent parfois des heures à fouiller des tiroirs, des boîtes à chaussures, des armoires. Parfois sans trouver.

Les documents essentiels à localiser ensemble :

  • Pièce d'identité (CNI, passeport), et sa date d'expiration
  • Livret de famille
  • Testament, et le nom du notaire qui le conserve si applicable
  • Contrat obsèques, banque, assureur, nom du prestataire
  • Assurances-vie, noms des compagnies, numéros de contrat, bénéficiaires désignés
  • Documents de propriété, titre foncier, bail, certificat de véhicule
  • Relevés de comptes, banques, PEA, épargne retraite

Pas besoin d'avoir les documents en main. Savoir où ils sont suffit.


Le contrat obsèques : ce que c'est, ce que ce n'est pas

Le contrat obsèques est souvent mal compris. Il en existe deux types.

Le contrat en prestations : vous choisissez à l'avance les prestations funéraires et leur coût est bloqué. C'est la formule la plus protectrice pour la famille, elle n'aura pas à prendre de décisions difficiles sous pression, et ne paiera pas la différence si les prix ont augmenté.

Le contrat en capital : vous versez une somme qui sera remboursée à la famille au moment du décès pour couvrir les frais. Elle laisse plus de liberté, mais aussi plus d'incertitude.

Ce que le contrat obsèques ne couvre pas : les frais de notaire, les droits de succession, les démarches administratives. Ce sont des coûts séparés.

5,5 millions
de contrats obsèques souscrits en France

Source : CTIP 2024

Si un proche a souscrit un tel contrat, sachez-le. Et notez le nom de l'assureur ou de la pompe funèbre concernée. Les familles qui l'ignorent peuvent payer des obsèques déjà financées.


La personne de confiance et les directives anticipées

Deux dispositifs légaux peu connus permettent d'anticiper la fin de vie médicale.

Les directives anticipées

Ce sont des instructions écrites sur les soins que la personne souhaite, ou ne souhaite pas, recevoir si elle n'est plus en état de s'exprimer. Elles sont contraignantes pour les médecins depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016.

Elles se rédigent sur papier libre, datées et signées. Elles peuvent être déposées sur le Dossier Médical Partagé (DMP) ou remises au médecin traitant.

La personne de confiance

C'est la personne désignée pour relayer les volontés du malade auprès des équipes médicales si celui-ci ne peut plus communiquer. Elle est différente du représentant légal ou de l'héritier. Sa désignation se fait par écrit, avec sa signature.


Le numérique après la mort : un angle mort fréquent

C'est le sujet que personne n'aborde, et qui crée pourtant des situations très concrètes.

Que devient le compte Facebook ? L'adresse e-mail ? Les abonnements numériques prélevés chaque mois ? Les photos stockées dans le cloud ? Les comptes bancaires en ligne sans relevé papier ?

Ce qu'il est utile de noter ensemble :

  • Les abonnements en ligne prélevés automatiquement (Netflix, Spotify, presse…)
  • Les comptes de messagerie principaux
  • L'existence d'un gestionnaire de mots de passe (et où est la clé principale)
  • Les réseaux sociaux et le souhait de la personne : suppression, mémorisation, transmission

Vous n'avez pas besoin des mots de passe eux-mêmes. Savoir que ces éléments existent, et où trouver les informations, suffit pour la suite.


Une heure ensemble : par où commencer ?

La conversation n'a pas besoin d'être formelle. Elle peut commencer simplement : "J'ai lu un article sur les démarches après un décès, et j'ai réalisé que je ne savais pas ce que tu voudrais."

Les questions les plus utiles à poser :

  1. Tu préfères l'inhumation ou la crémation ?
  2. Tu as un testament ? Il est où ?
  3. Tu as un contrat obsèques quelque part ?
  4. Qui doit être prévenu en priorité si quelque chose t'arrive ?
  5. Tes documents importants, ils sont où ?

Cinq questions. Une conversation. Et une famille qui pourra traverser ce moment difficile sans ajouter le chaos administratif à la douleur du deuil.


Foire aux questions

À quel âge faut-il commencer à anticiper ?

Il n'y a pas d'âge minimum. Dès que vous avez des proches qui dépendent de vous (enfants, conjoint, parents âgés), anticiper devient pertinent. La plupart des démarches utiles concernent les 40-60 ans, mais personne n'est à l'abri d'un décès prématuré.

Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour un testament ?

Non. Un testament olographe (entièrement écrit à la main, daté et signé par la personne) est légalement valable sans notaire. Il est toutefois conseillé de le déposer chez un notaire pour le faire enregistrer au Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV), afin qu'il soit retrouvé après le décès.

Que faire si un proche refuse d'aborder le sujet ?

Ne pas insister. La conversation peut se faire progressivement, en passant par des angles moins directs : les documents administratifs, l'assurance-vie, le compte en banque. L'essentiel est de savoir où sont les papiers importants, pas forcément de tout décider à l'avance.

Les directives anticipées sont-elles vraiment respectées ?

Depuis la loi Claeys-Leonetti de 2016, elles sont juridiquement contraignantes pour les médecins, sauf en cas d'urgence absolue. Elles priment sur l'avis de la famille. Les déposer sur le Dossier Médical Partagé garantit leur accessibilité en toutes circonstances.

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