Forêt avec lumière du soleil filtrant entre les arbres, évoquant un cimetière forestier naturel
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Obsèques écologiques en France : ce qui est déjà possible

Par Équipe EasyEnd

Quand on parle d'obsèques écologiques, on pense souvent à l'humusation ou à l'aquamation, deux procédés non encore autorisés en France. Ce que l'on sait moins : l'inhumation écologique, avec un cercueil biodégradable dans un cimetière forestier ou paysager, est déjà légale et accessible dans plusieurs communes françaises.

Qu'est-ce qu'une inhumation écologique ?

C'est une inhumation classique, un enterrement dans un cimetière communal, avec des choix qui minimisent l'impact environnemental :

  • un cercueil en carton agréé (autorisé depuis 1998, agréé par le ministère de la Santé) ou en bois non traité (chêne, châtaignier, acacia, essences françaises)
  • une inhumation en pleine terre, sans caveau en béton
  • une stèle en bois gravé ou une pierre locale, à la place du granit importé
  • un entretien sans pesticides (loi Labbé 2022 : tous les cimetières sont concernés)
  • un emplacement dans un cimetière paysager ou forestier, quand la commune en dispose

Des cimetières forestiers existent déjà en France

Plusieurs communes ont ouvert des espaces d'inhumation écologique. Ils restent rares mais le mouvement s'accélère :

  • Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) : première parcelle écologique d'Île-de-France, inaugurée en 2019. Cercueils en carton ou en bois local non verni, inhumation en pleine terre.
  • Yvelines : cimetière 100 % écologique ouvert fin 2024, avec charte interdisant caveaux en béton et bois traité chimiquement.
  • Luc-sur-Mer (Normandie) : première commune normande à proposer des inhumations écologiques, avec signature d'une charte et interdiction d'embaumement.
  • Arbas (Haute-Garonne) : première forêt cinéraire française pour les cendres, ouverte en 2019.

Seules les communes peuvent créer et gérer ces espaces : aucun opérateur privé ne peut ouvrir un cimetière, forestier ou non.

Ce qui est autorisé, concrètement

Cercueil biodégradable

Le cercueil reste obligatoire en France pour toute inhumation (article R.2213-25 du CGCT). Mais le matériau est libre, à condition d'être agréé par le ministère de la Santé. Sont actuellement agréés :

  • Cercueil en carton (depuis 1998 : résistance, étanchéité et biodégradabilité vérifiées). Prix : 80 à 300 euros.
  • Cercueil en bois non traité (chêne, châtaignier, peuplier, acacia). Prix : comparable à un cercueil standard.
  • Certains modèles en osier ou bambou selon les fabricants agréés.

Aucun crématorium ni cimetière communal ne peut refuser un cercueil certifié CE.

Inhumation en pleine terre

Dans les cimetières qui le permettent, notamment les espaces paysagers ou forestiers, l'inhumation sans caveau en béton est possible. Le corps se décompose en contact plus direct avec le sol, le cercueil restant présent et se dégradant avec lui.

Crémation et dispersion en pleine nature

Depuis la loi du 19 décembre 2008, les cendres peuvent être dispersées en pleine nature (mer, forêt, montagne), avec une simple déclaration au maire de la commune de naissance du défunt. L'urne biodégradable pour dépôt en site cinéraire est également possible.

La différence avec humusation, terramation et aquamation

Ces trois procédés sont souvent présentés comme les obsèques écologiques de demain. Ils fonctionnent sur un principe radicalement différent de l'inhumation :

Inhumation écologiqueHumusation / terramationAquamation
Durée de décompositionDes années (naturelle)30 jours à 12 mois (accélérée)4 à 6 heures
RésiduOs identifiables (squelette)Terreau complet, plus d'ossementsFragments d'os (comme crémation)
LieuCimetière communalUnité spécialiséeUnité spécialisée
Destination finaleConcession dans le cimetièreCompost utilisable hors cimetièreUrne ou dispersion
Cercueil obligatoireOui (biodégradable)NonNon
Légal en France en 2026OuiNon (pas encore)Non (pas encore)

La différence clé : l'inhumation écologique reste dans le cadre du cimetière et de la concession. L'humusation produit un compost sans ossements identifiables, qui peut quitter le cimetière et être utilisé librement dans un jardin ou une forêt. C'est cette sortie du circuit funéraire réglementé qui nécessite une nouvelle loi.

Humusation, aquamation, terramation : état du droit en France

Comment exprimer ce souhait

Vous pouvez noter ce choix dans vos volontés funéraires, afin que vos proches sachent précisément ce que vous souhaitez et puissent chercher un cimetière adapté. Quelques points à vérifier :

  1. La commune dispose-t-elle d'un espace paysager ou forestier ? Ces espaces sont encore rares. Renseignez-vous auprès du service funéraire de la mairie de votre lieu de résidence ou de la commune où vous souhaitez être inhumé.
  2. Votre contrat obsèques, si vous en avez un, prévoit-il des cercueils biodégradables ? Tous les contrats ne couvrent pas encore ces options. Un avenant est possible à tout moment sans contrainte.
  3. Quel bois ou quel matériau souhaitez-vous ? Si vous êtes attaché à une essence locale ou à un matériau particulier, précisez-le dans vos volontés : cela guidera vos proches au moment du choix.

Foire aux questions

Un cimetière peut-il refuser mon cercueil en carton ?

Non. Aucune commune ne peut refuser un cercueil certifié CE et agréé par le ministère de la Santé, quelle que soit sa matière. Si le règlement intérieur d'un cimetière interdisait les cercueils biodégradables, ce règlement serait illégal au regard de l'article R.2213-25 du CGCT.

Les cimetières forestiers sont-ils partout en France ?

Non, ils restent rares. Seules les communes peuvent en créer, après délibération du conseil municipal, enquête publique et autorisation préfectorale. Si aucun n'existe près de chez vous, vous pouvez tout à fait opter pour un cercueil biodégradable dans un cimetière classique. La pleine terre sans caveau béton est plus difficile à obtenir en dehors des espaces dédiés.

Les obsèques écologiques coûtent-elles plus cher ?

Pas nécessairement. Un cercueil en carton coûte entre 80 et 300 euros, bien moins qu'un cercueil en bois standard (à partir de 800 euros). La concession dans un cimetière écologique se vend au même tarif qu'une concession classique (durée 15 ou 30 ans, tarifs fixés par la commune). La crémation reste globalement moins chère que l'inhumation.

Puis-je être inhumé dans une autre commune que celle où je vis ?

Oui. Vous pouvez choisir d'être inhumé dans la commune où vous résidez, où vous êtes décédé, ou dans la commune où se trouve le caveau de famille (article L.2223-3 CGCT). Si un cimetière forestier se trouve dans une commune voisine, c'est tout à fait possible.

Mon contrat obsèques peut-il prévoir des options écologiques ?

Oui, si l'opérateur funéraire propose ces options dans son catalogue. Tous ne le font pas encore. Avant de signer, vérifiez que le contrat mentionne explicitement le type de cercueil souhaité (carton, bois non traité) et le type d'espace (paysager, forestier). Un avenant est modifiable à tout moment.

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